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Vue du CTE de Bunia après la sortie de 22 guéris d'Ebola de la zone de santé de Rwampara, le territoire d'Irumu, dans la province de l'Ituri. Photo prise du site de Digital Congo.net

Zone de santé de Beni : la résistance communautaire freine les efforts de riposte contre la maladie à virus Ebola

Alors que les cas de maladie à virus Ebola, MVE en sigle, continuent d’augmenter dans la zone de santé de Beni, les équipes de riposte se heurtent à une forte résistance communautaire qui compromet les interventions de prévention et de prise en charge des malades.

Face à cette situation préoccupante, Christian Balewa, militant du mouvement citoyen LUCHA RDC basé à Beni, appelle la population du Nord-Kivu, en particulier les jeunes, à prendre conscience de la gravité de cette maladie.

« Il est temps que la population du Nord-Kivu, spécialement les jeunes, prenne conscience de la dangerosité de la maladie à virus Ebola avant qu’elle ne fasse davantage de victimes », alerte-t-il.

Pour rappel, plusieurs cas positifs de la maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo, ont été enregistrés dans la province de l’Ituri, où l’épidémie a été déclarée le 15 mai 2026. Quelques jours plus tard, le Nord-Kivu notifiait également ses premiers cas.

Le premier cas dans la zone de santé d’Oïcha a été confirmé le 25 mai 2026, selon le Dr Kasereka Nzala, médecin directeur de l’Hôpital général de référence d’Oïcha. Peu après, cinq cas positifs ont été confirmés dans la zone de santé de Beni, d’après le bulletin épidémiologique du 29 mai 2026. Parmi ces cas, trois décès avaient été enregistrés, tandis que deux patients étaient encore hospitalisés.

Selon le bulletin épidémiologique publié le 25 juin 2026, la zone de santé de Beni totalise désormais 22 cas confirmés, illustrant une progression de l’épidémie.

Parallèlement à l’évolution de la maladie, les actes de résistance contre les équipes de riposte se multiplient. La Commission Communication des risques et Engagement communautaire rapporte au moins six incidents ayant directement visé les sensibilisateurs. Le 19 juin, dans l’aire de santé de Mabolio, en commune de Beu, un relais communautaire a été la cible de jets de pierres alors qu’il sensibilisait la population sur les mesures de prévention contre Ebola. Ses collègues ont réussi à s’échapper à moto. Une vidéo de cet incident a largement circulé sur les réseaux sociaux. Le lendemain, une sensibilisatrice intervenant dans la même aire de santé a été fouettée par des individus hostiles aux activités de riposte. Un autre incident majeur s’est produit dans la nuit du 20 juin 2026, vers 2 heures du matin. Des inconnus ont incendié le bâtiment du centre de santé de Kanzulinzuli qui servait de centre d’isolement des patients atteints d’Ebola.

Interrogés sur les causes de cette résistance, plusieurs habitants de Beni évoquent la désinformation, la mésinformation, l’ignorance, mais aussi les frustrations liées au recrutement du personnel au sein des équipes de riposte. Certains estiment également que la méfiance envers les autorités sanitaires continue d’alimenter le rejet des interventions.

Pour Christian Balewa, la lutte contre Ebola ne peut réussir sans une implication active de la communauté. Il recommande aux équipes de riposte de renforcer leurs stratégies de communication afin d’associer davantage les communautés locales aux actions de prévention. Il plaide également pour une implication accrue des leaders communautaires dans les campagnes de sensibilisation afin de réduire la résistance. Par ailleurs, il suggère que les familles des patients admis dans les Centres de traitement d’Ebola (CTE) signent un acte d’engagement afin de faciliter la collaboration avec les équipes médicales durant la prise en charge.

Malgré ces difficultés, les équipes de riposte réaffirment leur détermination à poursuivre les interventions pour sauver des vies. Elles reconnaissent toutefois être confrontées à d’importants défis sécuritaires dans les villes de Beni et Butembo.

Selon Nick Junior, chargé de la Communication de crise et de l’Engagement communautaire, plusieurs cas d’agressions physiques contre les intervenants ont été documentés, notamment dans l’aire de santé de Mabolio à la mi-juin 2026. Il avertit que ces actes de violence risquent de compromettre les efforts de contrôle de l’épidémie et de favoriser la persistance de la maladie. Il appelle enfin la population à reconnaître l’existence de la maladie à virus Ebola, à collaborer avec les équipes de riposte et à respecter scrupuleusement les mesures de prévention afin de limiter la propagation de l’épidémie.

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