Dans la commune de Ruwenzori, en ville de Beni, le centre de formation professionnelle appuyé par le projet RESET (Stabilisation réactive par la transition) est devenue une véritable opportunité pour de nombreux jeunes en quête d’un avenir meilleur. Le centre propose des formations pratiques dans plusieurs filières, notamment la couture et la coiffure, pour contribuer au renforcement de l’employabilité des jeunes et à prévenir les comportements à risque liés au chômage. Le magazine Nguzo ya Mabadiliko du mois de juillet est allé à la rencontre des bénéficiaires.
Lors de notre visite, nous avons constaté un fort engouement autour de ce centre. Les salles de formation accueillent des jeunes motivés, pleinement engagés dans l’apprentissage d’un métier qu’ils considèrent comme un véritable tremplin vers leur autonomie.
Pour les apprenants rencontrés, cette formation va bien au-delà de l’acquisition de compétences techniques. Elle représente une nouvelle chance de construire leur avenir, de retrouver confiance en eux et d’envisager des perspectives d’emploi ou d’auto-emploi. Plusieurs témoignent qu’avant leur inscription, ils passaient leurs journées sans activité, alors qu’aujourd’hui ils nourrissent l’ambition de créer leur propre entreprise ou d’intégrer le marché du travail grâce aux compétences acquises.
Selon Clarice Kyamutika, présidente du Conseil communal de la jeunesse de Ruwenzori, cette initiative répond à une préoccupation majeure des jeunes de la commune.
« Nos jeunes ont besoin d’opportunités concrètes. Lorsqu’ils apprennent un métier, ils deviennent capables de subvenir à leurs besoins et sont moins exposés à la délinquance, à la consommation de drogues et à d’autres comportements qui fragilisent notre communauté. Ce centre constitue un investissement pour la paix, le développement et l’avenir de notre commune. »
Tout en saluant l’appui du projet RESET, elle souligne que plusieurs défis restent à relever afin de renforcer l’impact de cette initiative. Elle plaide notamment pour l’équipement des ateliers, l’augmentation de la capacité d’accueil ainsi que l’ouverture de nouvelles filières, notamment la menuiserie, la plomberie, la mécanique et d’autres métiers porteurs. Elle insiste également sur la nécessité d’assurer la pérennité du centre afin qu’il continue à répondre durablement aux besoins de la jeunesse.
Pour Daddy Azor, chef du projet RESET à la SOFEPADI, l’ambition est de favoriser une insertion socio-économique durable des jeunes.
« Notre objectif est de permettre aux jeunes d’acquérir des compétences qui leur assurent une véritable autonomie économique. En créant des perspectives d’emploi et d’auto-emploi, nous contribuons à réduire les facteurs qui favorisent les comportements à risque. Nous souhaitons que ces jeunes deviennent des acteurs du développement de leurs communautés et des modèles pour leurs pairs. »
Il souligne également que la réussite de cette initiative reposera sur une mobilisation continue des autorités locales, du secteur privé et des partenaires afin d’accompagner les jeunes après leur formation, notamment à travers des stages professionnels, un meilleur accès aux équipements de travail et un appui à l’entrepreneuriat.
Une contribution aux efforts de stabilisation dans l’Est de la RDC
Le projet RESET s’inscrit dans les efforts de stabilisation menés dans l’Est de la République démocratique du Congo, en appui au Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (PDDRCS).
Mis en œuvre par un consortium composé de Mercy Corps (chef de file), Organisation internationale pour les migrations (OIM), Justice Plus, Solidarité féminines pour la Paix et le Développement Intégral (SOFEPADI), Action pour la Paix et la Concorde (APC) et Collectif des Radios et Télévisions communautaires du Nord Kivu (CORACON), le projet poursuit deux objectifs stratégiques : renforcer la résilience des communautés face aux conflits et consolider la confiance ainsi que la redevabilité entre l’État et les citoyens.
À travers des initiatives telles que le centre de formation professionnelle, RESET démontre que l’investissement dans les compétences des jeunes constitue un levier essentiel pour promouvoir l’inclusion économique, prévenir les facteurs de vulnérabilité et contribuer à une paix durable dans les communautés de l’Est de la RDC.
La redaction.