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Les passagers venus de la partie Nord de la province du Nord Kivu sont soumis au respect des mesures barrières à l'OPRP Goma. Photo prise le Mercredi 17 Juin 2026, par Thierry MUNGUIKO.

Goma : aucun cas positif d’Ebola, mais la vigilance reste maximale

Les dispositifs de surveillance contre la maladie à virus Ebola restent visibles et strictement appliqués aux principaux points d’entrée de la ville. À la barrière de l’Office pour la Protection des Recettes Publiques, OPRP en sigle, située au nord de la ville, tout comme au port public de Goma, les mesures de prévention sont devenues une routine incontournable pour les voyageurs.

Dès les premiers pas, les dispositifs de contrôle sanitaire sont déployés : prise de température systématique, lavage obligatoire des mains et sensibilisation des passagers au respect de ces mesures. Une dizaine d’agents de santé assurent en permanence le respect des consignes, dans un contexte où la vigilance reste de mise.

Sur les axes routiers reliant Beni et Butembo à Goma passant par Rutshuru, les contrôles sanitaires se sont également intensifiés. À chaque étape du trajet, chauffeurs et passagers sont sensibilisés aux gestes barrières et aux risques de transmission.

Pour Divine Kika, chauffeur au sein de l’agence Facilitation Sans Frontière, ces mesures sont obligatoires à tous les usagers de la route.

« La sensibilisation est là, il y a la prise de température partout où il y a des barrières sur la route. À la barrière OPRP, tout le monde doit descendre du véhicule pour se laver les mains et se faire prendre la température. Cela nous prend plus de temps pour le  voyage, mais pour moi c’est une bonne chose car cela protège la santé de tous. »

Dans la population, ces mesures rappellent encore des périodes d’inquiétude liées aux précédentes épidémies. Certaines personnes identifiées comme contacts à risque sont placées en quarantaine préventive.

Une femme de 62 ans témoigne avoir été isolée après avoir été en contact avec un cas suspect, avant d’être libérée suite à des tests négatifs.

« Ils sont venus nous prendre à la maison, après une semaine de contrôle, nous sommes rentrés après avoir été testés négatifs. Je n’ai rien vu de mal, si on te demande d’aller à l’hôpital, il faut y aller. »

Cependant, dans certains quartiers, la méconnaissance des procédures a occasionné la crainte dans certaines familles. Une habitante confie avoir temporairement quitté son domicile après l’isolement de ses voisins, avant de revenir une semaine plus tard, rassurée par leur retour sans complications.

Selon le docteur Biya Kizinkiko, chef de division provinciale de la Santé, la riposte contre Ebola repose sur plusieurs piliers complémentaires, allant de la prise en charge médicale à la communication communautaire.

« Il y a la coordination, la prise en charge médicale, psychosociale et nutritionnelle. Il y a aussi la prévention et le contrôle des infections, la sensibilisation aux points d’entrée, ainsi que la communication pour le changement de comportement et les enterrements dignes et sécurisés. »

Il précise également que les pratiques funéraires sont strictement encadrées afin d’éviter tout risque de contamination, tout en précisant que la situation épidémiologique reste sous contrôle à Goma.

Les autorités sanitaires se veulent toutefois rassurantes ; aucun cas actif n’est actuellement enregistré dans la ville touristique.

 Le Docteur Biya kizinkiko indique qu’un seul cas avait été pris en charge à l’hôpital HEAL Africa de Goma, mais que la patiente a désormais été déclarée guérie après plusieurs tests négatifs.

« Nous n’avons plus de cas en hospitalisation à Goma. Tous les tests sont négatifs, elle ne peut plus contaminer. »

Malgré cette évolution encourageante, les autorités sanitaires appellent à ne pas relâcher les efforts. Aux barrières sanitaires comme au port public de Goma, les équipes poursuivent les contrôles et la sensibilisation afin d’éviter toute résurgence de la maladie.

Notons que dans une ville habituée aux défis sanitaires, la lutte contre Ebola reste donc un travail de longue haleine, fondé sur la prévention, la discipline collective et la confiance entre populations et services de santé, ajoute Docteur Biya kizinkiko.

Thierry Munguiko, journaliste à la radio télévision communautaire Tayna de Goma.

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