Le Nord-Kivu rassemble plusieurs communautés ethniques et cultures. Lorsqu’elle est bien comprise et valorisée, cette diversité peut créer des ponts entre les peuples et favoriser le dialogue et la cohabitation pacifique.
À Goma, des journalistes se rendent régulièrement sur le terrain pour recueillir des informations auprès de sources issues de différentes communautés. Dans leurs reportages, ils s’efforcent de donner la parole aux différentes parties, sans discrimination.
Dans les rédactions également, des journalistes issus de diverses communautés mettent de côté leur appartenance ethnique pour produire une information utile à l’ensemble de la population.
Quelques journalistes rencontrés ce 21 Septembre 2026, journée internationale de la paix, dans les rues de Goma, témoignent de l’importance de cette diversité culturelle dans leur travail.
Pour Ange KAHEMULO, journaliste à Femme.Cd, travailler dans un environnement interculturel permet de mieux connaître les communautés et de dépasser les préjugés.
« Travailler dans un milieu interculturel est une richesse. Cela permet de connaître les réalités des différentes communautés sans préjugés. Notre rôle est d’informer, d’éduquer et de contribuer au rapprochement des communautés. Nous devons favoriser l’unité, la paix et le vivre-ensemble.»
Elle rappelle que la paix ne concerne pas uniquement les autorités ou les forces de sécurité. « La paix est la responsabilité de tous. En tant que journalistes, nous pouvons y contribuer par notre travail et notre plume. »
The Joy MWENGE, est journaliste à la Radio Alpha Omega de Goma, le contact avec différentes communautés a permis de faire évoluer sa perception et de mieux comprendre leurs réalités.
« Se rapprocher des communautés, connaître leur histoire et écouter leurs réalités permet de dépasser les préjugés et de mieux comprendre les causes des conflits. Une information responsable peut contribuer à déconstruire les discours qui alimentent les conflits et favoriser le dialogue. Pour construire la paix et la cohabitation pacifique, nous devons apprendre à nous connaître, éviter les jugements. »
Elle estime que le journaliste doit donner la parole à toutes les communautés et privilégier une information équilibrée.
De son côté, Thierry MUNGUIKO, journaliste à la Radio Télévision Communautaire Tayna de Goma, insiste sur la responsabilité des journalistes lorsqu’ils traitent des questions liées à l’identité et aux conflits communautaires.
« Notre responsabilité est de ne pas attribuer les actes de quelques individus à toute une communauté. Avant de traiter un conflit, il faut vérifier les faits, rencontrer les acteurs concernés et comprendre ce qui s’est réellement passé. Lorsqu’il s’agit d’un conflit, le journaliste ne doit pas courir derrière le scoop. Il doit prendre le temps de vérifier l’information. »
Ces témoignages rappellent que le journalisme ne consiste pas seulement à rapporter les événements. A l’occasion de la célébration de la journée internationale de la paix, le Coracon rappelle que dans un contexte marqué par les tensions communautaires, le journaliste doit contribuer au dialogue, à la cohésion sociale et à la prévention de l’escalade ou de la violence. Depuis près de 10 ans, cette plate-forme des radios de proximité incite les journalistes à adopter le journalisme sensible au conflit comme approche adaptée au contexte interculturel du Nord-Kivu. Une façon d’investir dans les médias en faveur d’une paix durable.
La rédaction