Dans le cadre du programme de Stabilisation Réactive par la Transition (RESET Nguzo ya Mabadiliko), financé par le FCDO du Royaume-Uni, la parole est donnée aux acteurs sociaux, à travers les productions médiatiques, pour sensibiliser sur la riposte contre la 17ème épidémie de la maladie à virus Ebola, déclarée le 15 mai 2026 en République Démocratique du Congo, plus particulièrement dans 7 provinces à savoir l’Ituri, Tshopo, Sud-Ubangi, Bas-Uélé, Haut-Uélé, Nord-Kivu et Sud-Kivu.
Des acteurs interrogés à Komanda dans la chefferie des Basili, recommandent l’assainissement du circuit de communication sur la maladie à virus Ébola. « Lors de la déclaration de l’épidémie, nous avons senti une forte implication des autorités, mais aujourd’hui ce n’est plus avec le même élan ».
A en croire ces citoyens, cette situation de méconnaissance avait créé une résistance communautaire jusqu’à occasionner le vandalisme du centre de traitement Ebola de Mungamba proche de Komanda le 19 Aout dernier. Pour pallier à cette problématique, Ils appellent les autorités et partenaires d’intensifier la communication stratégique.
À Mangimba, identifier les nouveaux arrivants et visiteurs pour mieux prévenir les risques
À Nyakunde dans la chefferie des Andisoma, le chef du village Mangimba, Dieudonné Mangiliyo a expliqué que les autorités travaillent avec la communauté pour enregistrer et identifier chaque personne qui arrive pour la première fois dans la zone. « Ce mécanisme permet de mieux connaître les mouvements de la population et de faciliter le suivi des personnes nouvellement arrivées. L’implication de la population dans ce processus est indispensable. Les habitants doivent informer les responsables locaux de l’arrivée de nouvelles personnes afin que les mesures de prévention puissent être appliquées », a-t-il recommandé lors de la production du magazine Nguzo Ya Mabadiliko.
La réussite de la riposte repose sur la communauté
Pour Justin Ndjango Mugisa, prêtre orthodoxe de Bunia et secrétaire de la coordination provinciale de la société civile forces vives de l’Ituri, la réussite de la riposte contre Ebola nécessite une collaboration permanente entre les autorités et les communautés.
Il estime que les populations doivent respecter les mesures barrières, notamment celles destinées à réduire les risques de transmission du virus.
Mais au-delà du respect des mesures de prévention, Justin Ndjango Mugisa insiste sur un autre enjeu majeur : ne pas cacher les personnes malades.
« Lorsque quelqu’un présente des signes, il faut alerter rapidement les structures compétentes afin qu’il soit pris en charge et que les contacts éventuels soient tracés, pour éviter ce qu’on a connu à Bunia, Mongbwalu, Nizi, Iga Barriere et ailleurs avec certaines familles qui ont perdu plusieurs de leurs, parce qu’ils ont caché des personnes malades », a-t-il confié.
Ce responsable de la société civile appelle également les autorités à accorder une attention particulière aux alertes communautaires relayées par la société civile. « Ces alertes constituent une source importante d’information sur la situation au sein des communautés. Elles doivent être prises au sérieux, vérifiées rapidement et, lorsqu’elles sont confirmées, faire l’objet d’une réponse appropriée », a-t-il recommandé.
Pour rappel, le magazine Nguzo ya Mabadiliko est diffusé chaque semaine sur 5 radios communautaires du territoire d’Irumu dont : Radio tempête du Lac de Kasenyi, radio maendeleo de Gety, radio la référence de Komanda, radio évangile et réconciliation de Nyankunde et la radio Canal révélation de Bunia.
La rédaction