À Beni, le magazine Nguzo ya mabadiliko du mois de décembre parle des femmes et les filles qui dans un contexte sécuritaire difficile, ne sont plus uniquement des victimes des conflits. Elles émergent comme des actrices clés et des bâtisseuses incontournables de paix. Leur engagement, souvent discret mais toujours résilient, est au cœur des efforts pour une résolution pacifique et durable des tensions.
L’Accompagnement du programme RESET dans la résolution pacifique des conflits
Mireille FEZA MUKENDI, experte en genre, égalité et inclusion sociale du projet RESET déclare que le projet RESET met la femme au centre de toutes ses activités. Dans le cadre de la prévention et la résolution pacifique des conflits, le projet RESET, mis en œuvre par un consortium de 6 organisations, vise à promouvoir la cohésion sociale et la non-violence, en particulier auprès des jeunes et des femmes. Le programme se concentre sur la formation des femmes leaders et d’autres femmes, citoyennes ordinaires, aux techniques de médiation, de négociation et de transformation des conflits. Elles apprennent à identifier les sources de tension et à intervenir au niveau local. RESET soutient également la création d’espaces inclusifs où les femmes peuvent dialoguer avec les autorités, les chefs coutumiers et les autres parties prenantes pour faire entendre leurs préoccupations en matière de sécurité et de paix.
Les œuvres des femmes et les obstacles à surmonter
Fanny SIANGA, membre du CLPD (Comité Local de Paix et de Développement) et jeune fille de la ville de Beni témoigne de l’impact réel des femmes dans la résolution pacifique des conflits, tout en exposant les défis persistants en ville de Beni.
« Les femmes sont souvent les premières à intervenir dans les conflits interpersonnels ou intracommunautaires (querelles foncières, disputes familiales) avant qu’ils ne dégénèrent en violences plus larges. Elles sont des lanceuses d’alerte sur les signes de radicalisation ou de recrutement au sein des familles et des communautés. »
Toutefois, l’instabilité sécuritaire limite la portée de leur action. Des justifications culturelles maintiennent les normes qui limitent la participation formelle des femmes aux tables de négociation, les confinant souvent au niveau informel. On considère à tort que « les femmes sont des victimes » ou « n’ont pas participé au conflit », indique Fanny SIANGA.
Julie NKUNA, membre de l’association Femme Congolaise de Développement FECONDE en sigle, met l’accent sur les responsabilités et les leviers d’action pour consolider le rôle des femmes.
« En ville de Beni, les femmes s’engagent à mettre en œuvre la Résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui appelle à la participation des femmes à tous les niveaux des processus de paix et de sécurité. Elles s’impliquent dans le plaidoyer auprès des autorités pour l’inclusion du genre dans les stratégies de stabilisation, elles assurent la transmission des valeurs de non-violence au sein de la famille et de la jeunesse, élément fondamental pour prévenir les conflits futurs. »
Elle souligne toutefois l’importance de continuer à renforcer les capacités des femmes et de consolider la solidarité féminine et appel toutes les femmes à continuer à se battre pour l’accès aux postes de décision afin que les femmes puissent exercer une influence directe et formelle sur les politiques de paix et de sécurité.
La rédaction