Bunia, 14 novembre 2025 — En territoire d’Irumu, des tensions entre communautés continuent d’être enregistrées. Ces conflits nourrissent parfois une profonde méfiance entre les habitants. Pour tenter d’y apporter des solutions, une nouvelle catégorie d’acteurs contribue discrètement mais efficacement à restaurer la paix : les parajuristes. Ces femmes et hommes, souvent issus des mêmes villages où surgissent les différends, servent de pont entre les populations et la justice formelle.
Formés par l’organisation Justice Plus dans le cadre du programme RESET–Nguzo ya mabadiliko financé par le FCDO du Royaume-Uni, les parajuristes ne sont pas des avocats, mais ils maîtrisent les notions essentielles du droit coutumier et du droit national. « Leur rôle consiste à informer, conseiller et orienter les citoyens sur leurs droits, tout en privilégiant les solutions pacifiques aux différends qui déchirent leurs communautés », explique Hélène Rwanisa, l’une des animatrices terrain au sein de Justice Plus.
Le magazine Nguzo ya Mabadiliko du mois de novembre s’est justement focalisé sur le travail des parajuristes dans les communautés, après leur formation.
Pour Lonema KAMARA parajuriste formé à Gety, une localité de la chefferie des Walendu Bindi dans le territoire d’Irumu : « Souvent, un simple malentendu sur les limites des champs ou le passage du bétail peut enflammer tout un village. Notre travail, c’est d’écouter, de dialoguer et de proposer un accord juste avant que la violence ne prenne le dessus », a-t-il expliqué lors de son intervention dans l’émission diffusée.
Les parajuristes jouent un rôle préventif : « Ils mènent des sensibilisations, organisent des séances de médiation et orientent vers les autorités judiciaires lorsque la situation l’exige », précise Hélène Rwamisa de Justice Plus. Grâce à leur proximité et à leur connaissance du terrain, les parajuristes permettent aux familles affectées par les conflits d’accéder à une justice simple et gratuite.
Selon Hélène Rwamisa, « le parajuriste est le premier maillon d’une chaîne de paix. Sans lui, beaucoup de petits litiges deviendraient des drames communautaires ».
Pour l’instant, la clinique juridique mobile est opérationnelle — à travers les parajuristes — dans quatre chefferies du territoire d’Irumu : Walendu Bindi, Andisoma, Babelebe et Bahema d’Irumu. A ce jour, « 4 cliniques juridiques mobiles ont permis à 58 personnes d’accéder à une assistance gratuite en Irumu. 34 cas ont été traités, 24 séances de sensibilisation animées, 5 médiations civiles facilitées, et les survivantes de VSBG orientées vers des services spécialisés ».
Notons que le magazine Nguzo ya Mabadiliko prône la responsabilité de chacun dans la résolution pacifique des conflits afin de renforcer la cohésion et la résilience communautaire. Il est diffusé sur les ondes de Radio Canal Révélation Bunia (100.7 FM), Radiotélévision Évangile et Réconciliation de Nyakunde (99.0 FM), Radio La Référence de Komanda (96.0 FM), Radio Tempête du Lac Albert de Kasenyi (99.8 FM) et Radio Maendeleo de Gety (88.6 FM). Par ce magazine, le programme RESET poursuit son objectif : sensibiliser chaque mois les communautés d’Irumu à consolider la paix et à bâtir ensemble une stabilité durable.
La rédaction