Dans une région marquée par des années d’incertitudes et des violences, l’histoire de Sifa Mutheke, mère de famille de la commune de Mulekera, incarne l’impact humain et transformateur de la prise en charge psychosociale mise en œuvre par la SOFEPADI dans le cadre du programme Stabilisation Réactive par la Transition, RESET-Nguzo Ya Mabadiliko.
C’est dans ce cadre que le magazine Nguzo ya Mabadiliko du mois de juin, s’est intéressé à l’histoire de Sifa Mutheke et à l’accompagnement psychosocial mené par la SOFEPADI en faveur des populations affectées par les conflits.
Sifa raconte qu’avant son accompagnement, elle vivait dans la peur et l’isolement, incapable de participer aux activités communautaires. Les séances d’écoute et de soutien psychologique lui ont permis de comprendre ses émotions, de renouer le dialogue avec sa famille et de reprendre sa place au sein de la communauté. Aujourd’hui, elle témoigne avec fierté : « J’ai retrouvé confiance en moi et je me sens utile ».
Le succès de Sifa illustre une réalité plus large : les traumatismes liés aux conflits ne touchent pas seulement aux individus mais fragilisent aussi les familles et les communautés. Grâce aux activités psychosociales – groupes de parole, sensibilisation et accompagnement personnalisé, le programme RESET contribue à restaurer la confiance mutuelle et à promouvoir la tolérance.
Pour Elvis Kahongya, psychologue clinicienne à la SOFEPADI, les activités de prise en charge psychosociale répondent à un besoin réel dans une zone confrontée à de multiples crises sécuritaires.
« La réintégration des ex-combattants constitue un défi majeur. Pour qu’elle soit durable, il est indispensable de travailler à la fois avec les personnes concernées et avec les communautés d’accueil.», précise-t-elle.
Les bénéficiaires rapportent une amélioration de leur bien-être psychologique, une meilleure gestion des conflits familiaux et une participation accrue aux activités collectives. Certains deviennent même des relais de sensibilisation, renforçant ainsi la résilience communautaire.
A travers ce magazine, il a été démontré que la prise en charge psychosociale n’est pas seulement un soutien individuel : elle est un investissement stratégique pour la paix et la reconstruction sociale. À Beni, elle contribue à transformer la douleur en force, l’isolement en solidarité, et les blessures du passé en opportunités de cohésion.
La rédaction.