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Des journalistes Congolais avec leurs confrères de Ejo Youth Echo ( EYE) pendant le stage à Kigali. Photo: EYE.

Les bons souvenirs de mon stage

Dans le cadre du stage que nous avons effectué au Rwanda, plusieurs faits ont marqué notre attention. C’est d’abord l’accueil qui était très bon. Les Rwandais sont plus coopératifs que nous ne le croyions. Ils veulent aussi apprendre le kiswahili pour communiquer avec les visiteurs qui viennent de la République démocratique du Congo (RDC). Et donc, il y a plusieurs caractéristiques communes aux peuples de deux pays.

Une différence que j’ai remarquée est la manière de préparer les aliments. En RDC les sauces se diffèrent par rapport aux accompagnements. Mais au Rwanda on mélange tout. Ce qui perd la saveur pour ceux qui sont habitués à la cuisine congolaise.

Depuis que plusieurs guerres de rébellion se sont succédé dans la Région des Grands Lacs, particulièrement dans la partie Est de la RDC, le peuple congolais a développé beaucoup de stéréotypes face au peuple rwandais. Cela parce que l’armée rwandaise était souvent citée parmi les puissances qui soutenaient ces guerres. Ainsi, parlant de Goma, la ville frontalière directe avec le Rwanda, la méfiance envers les Rwandais a connu plus d’ampleur à partir des années 2002. Et pourtant des échanges entre les peuples de deux pays ont continué de se réaliser. C’est le cas de plusieurs Rwandais qui étudient dans des universités congolaises.

Voilà une bonne raison pour nous de passer un stage au Rwanda. C’est toujours mieux de voir soi-même ce qui se passe réellement pour ne pas se submerger dans les préjugés. J’ai alors passé ce stage pendant une semaine au sein de l’organisation Ejo Youth Echo (EYE) à Kigali.

Ma nouvelle perception

Contrairement à tout ce que j’avais déjà entendu de négatif, j’ai rencontré des Rwandais accueillants. Des Rwandais respectueux. Bien qu’ils semblent timides, comparés aux Congolais, ils se sont montrés coopératifs à mon égard. Dans cet exercice, j’étais avec mon confrère journaliste Arcadius MUTUNZI et nous avons bénéficié de leurs services notamment dans les déplacements que nous avions à réaliser à l’intérieur du pays de mille collines pour la recherche journalistique.

J’ai aussi remarqué que la différence entre les deux pays est au niveau culturel. À part la cuisine, c’est par exemple la coiffure des dames qui est plutôt naturelle contrairement aux femmes congolaises.

Une marque différente

Se raser la tête est pour les femmes rwandaises est une culture. Elles essaient de rester naturelles comme l’explique HITIMANA, un homme d’une soixantaine d’années que nous avons rencontré à Kigali : « la femme qui se maquillait vers les années 1970 était considérée soit comme celle qui a évolué à l’étranger, soit comme une personne de mauvaises mœurs ». Selon lui toujours, « le rouge à lèvre, les cheveux artificiels que nos femmes utilisent pour les tresses ne sont rien d’autre qu’une forme d’acculturation. Elles importent tout de l’occident ».

Dans notre enquête, nous nous sommes approchés d’une femme. Âgée de 30 ans, sa tête porte une jolie coiffure aux cheveux naturels.  Sous anonymat elle nous dit que cet état naturel qu’elle vit lui a été proposé par son mari. Selon elle, son mari est gêné par les maquillages (chevelure tressée y compris). Son amie quant à elle, avec laquelle elle allait au marché, nous a avoué que garder l’état naturel est la pratique qui est à la mode au Rwanda. Et que c’est une autre manière d’être élégante et attrayante. Une réalité commentée par une coiffeuse que nous avons rencontrée. Nombreux de ses clientes ne sollicitent plus le service de tressage des cheveux, motif : « nous voulons être à la mode ».

Jérémie KIHAMBU, journaliste à la  Radio Tayna, Goma