Les conflits fonciers sont un problème courant dans le territoire d’Irumu et prennent diverses formes. Ils se présentent souvent sous forme des différends intrafamiliaux, intergénérationnels et intercommunautaires, souvent liés à l’accès à la terre et à son usage.
Pour le compte du mois d’Octobre 2025, le magazine « Nguzo la Mabadiliko », réalisé dans le cadre du programme RESET (Stabilisation réactive par la Transition), sous le financement du Royaume-Uni à travers FCDO, s’est penché sur une thématique pertinente et un message important : « Le respect des procédures légales comme solution aux conflits liés à la répartition de la terre au sein de la communauté ».
Dans les avis et les commentaires diffusés sur les ondes de cinq radios communautaires, partenaires dudit programme en territoire d’Irumu, les intervenants ont souligné que le mauvais partage de la terre est l’une des causes majeures des conflits dans cette partie de la province de l’Ituri. En territoire d’Irumu tout le monde se permet de vendre le terrain, même n’ayant pas cette qualité, d’où, les lois à la matière devraient être vulgarisées et observées pour se mettre à l’abri des conséquences qui peuvent en découler, ont-ils ajouté.
Différentes façons dont la population accèdent à la terre.
Certains habitants de Komanda, interrogés dans l’émission, ont donné des avis différents. Pour les uns : « Il est important que les habitants qui désirent surtout des parties de terre respectent toutes les procédures légales quant à ce » ; cependant, pour les autres : « chacun a sa façon d’accéder à la terre soit au près d’un particulier, d’un chef coutumier ou d’un responsable des services techniques », chose qui est à la base de plusieurs conséquences car, pour la plupart, ils se limitent seulement au premier document qui est l’acte de vente, sans toutefois chercher à réunir toutes les documentations nécessaires.
Les autorités coutumières de base, « Gestionnaires et propriétaires des terres de l’Etat »
A en croire Emmanuel NGANABO KABABO, secrétaire administratif de la chefferie des Andisoma, les autorités coutumières de base demeurent la porte d’accès à tous les espaces de la terre : « Elles sont les gestionnaires et les propriétaires des terres et représentent l’Etat congolais dans leurs entités respectives ».
Toutefois, il interpelle les chefs coutumiers à travailler dans cette matière sans discrimination et avec une grande collaboration avec leur hiérarchie pour que la répartition de la terre ne se transforme pas à un sujet de discorde civile.
D’après LOLO BITHUM, Chef des travaux enseignant à l’université de Bunia, UNIBU, et Avocat au Barreau de l’Ituri, l’ingérence de tout le monde sans qualité accentue la persistance des conflits fonciers : « Aussi longtemps qu’il y a des gens voire des services qui n’ont pas encore compris les textes légaux relatifs à la répartition de la terre, il sera difficile de trouver la solution au problème d’accès à la terre ».
Il ajoute que la prudence entre les habitants à la recherche de terre, les chefs coutumiers et les responsables des services techniques devrait être de mise pour espérer à une tranquillité foncière.
Sensibiliser pour créer une cohésion
En diffusant ces messages, le magazine Nguzo la Mabadiliko insiste sur l’implication collective de tous les acteurs sociaux : Citoyens – autorités et services étatiques – dans l’empêchement des conflits liés à la terre.
Chaque semaine, l’émission est relayée sur : Radio Maendeleo de Gety (lundi 18h45), Radiotélévision Évangile et Réconciliation de Nyankunde (mardi 19h50), Radio Tempête du Lac Albert de Kasenyi (mercredi 18h45), Radio Canal Révélation Bunia (jeudi 7h30), et Radio la Référence de Komanda (dimanche 18h05).
À travers ces diffusions, le programme RESET poursuit son objectif : renforcer la cohésion sociale entre autorités et communautés afin de consolider la paix et bâtir ensemble une stabilité durable dans le territoire d’Irumu.
Rappelons que le programme Stabilisation Réactive par la Transition (RESET) est une initiative triennale (juillet 2024 à mars 2027) mise en œuvre en ville de Beni dans la province du Nord-Kivu et en territoire d’Irumu dans la province de l’Ituri par un consortium de six organisations dont Mercy Corps (lead), OIM, SOFEPADI, CORACON, Justice Plus et APC.
La rédaction