Les écoles conventionnées de la Communauté Baptiste au Centre de l’Afrique (CBCA) renforcent la culture de la paix dans leur milieu.
Les gestionnaires, les enseignants et les élèvent développent dans ces écoles une dynamique visant à promouvoir la non-violence, à réduire les stéréotypes et toute forme de discrimination. Ils s’engagement ainsi à intégrer méthodiquement la dimension paix comme un pilier à part entière des enseignements procurés aux apprenants. A travers le projet “éducation à la paix” mis en œuvre depuis 10 ans, cette communauté produit de bons fruits, au sens de personnes porteuses de graines de paix et prêtes à les propager au sein d’une communauté plus grande, comme l’affirme Gérard KASEREKA TUVERE, chargé de programmes pour les projets « service civil pour la paix » de la CBCA dans le cadre éducationnel.
Gérard estime que les cas de frustration dans la résolution des conflits entre élèves et enseignants ont sensiblement baissé et que la discrimination due à la morphologie ou à l’origine a aussi été réduite chez les élèves. Il souhaite que ce projet implique plus d’écoles dans l’avenir, car cela constitue selon lui un besoin permanent dans la partie Est de la République Démocratique du Congo. C’est sûr, que L’Est de la République démocratique du Congo traverse un contexte particulier depuis le génocide au Rwanda en 1994, pays voisin de la RDC. Un contexte marqué par des tensions récurrentes liées à la guerre. L’un des déclencheurs a été la fuite d’un million de Rwandais vers l’Est du Congo après le génocide. Parmi les réfugiés se trouvaient de nombreux génocidaires à en croire le rapport des nations unies. Cela a provoqué un conflit violent dans toute la région, qui se poursuit encore aujourd’hui. Des conflits fonciers et tribaux sont nés avec comme conséquences : mépris et méfiance entre communautés. Cette attitude s’est répandue dans divers milieux y compris les entreprises publiques et privées. Les écoles n’ont donc pas été du reste. Le tribalisme et d’autres formes de stéréotypes se sont manifestés chez les élèves et chez les enseignants en dépit du fait que le milieu scolaire devrait rester un espace neutre et multiculturel.
Raison pour laquelle, la CBCA avait mis en place le programme d’éducation à la paix dans les écoles qui sont sous sa gestion au niveau primaire et secondaire. L’objectif est de favoriser le vivre-ensemble, transformer pacifiquement les conflits, et construire une culture scolaire basée sur la tolérance, la solidarité et la non-violence.
La paix n’a pas de frontière
Même, dans ce contexte où la RD Congo Rwanda et le RWANDA Traversent un temps diplomatique compliqué suite à la guerre qui sévit dans le Kivu, ce volet du programme du service civil pour la paix permet la rencontre entre les élèves du Congo (Nord-Kivu et Sud-Kivu) avec ceux du Rwanda. A ce sujet, KAMBALE MAYOFALI, point focal du club de paix à l’institut Amina à Goma explique : « Cette année, les élèves membres de clubs de paix initiés dans des écoles de deux provinces doivent se rendre à Gisenyi, pour un échange d’expérience et parler de la paix avec leurs collègues du pays de mille collines et ce, malgré les tensions diplomatiques entre les deux pays. Nous savons que les deux peuples sont en franche collaboration. Ainsi, les enfants de la RDC vont passer la nuit dans les mêmes chambres avec ceux du Rwanda, manger ensemble, jouer et faire des activités culturelles ensemble, prouver l’absence de barrières entre les deux peuples. C’est un stage de quelques jours, mais qui va renforcer ce lien amical entre deux peuples »
Pour sa part, Marie Jules SIVYATSOMANA, chargée des clubs de paix dans les écoles de la CBCA: « Cette démarche permet de réduire les mauvaises perceptions que se font les deux peuples suite à l’histoire pleine de violence ».
Un élève d’une école de Goma, non bénéficiaire du projet, a aussi pris la parole au micro du Coracon : “le programme de mise en place des clubs de paix au sein des écoles de la communauté baptiste au centre de l’Afrique CBCA devrait s’élargir dans d’autres écoles. Comme c’est une initiative de la coordination des écoles de la CBCA ; le gouvernement devrait s’en approprier pour élargir cette initiative du vivre ensemble dans toutes les écoles et l’insérer dans le programme national afin de construire une génération sans violence dès le bas âge ; capable de faire leur propre médiation en cas de conflits dans leurs entourages. L’école reste un milieu d’apprentissage qui contribue au changement positif des enfants’’.
Le programme d’éducation à la paix dans les écoles de la CBCA est financé par l’organisation allemande « Pain pour le monde » et attend renforcer la cohésion sociale entre les élèves et enseignants des écoles des pays de Grands-Lacs, et assurer l’éducation de qualité.
La rédaction