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Quelques journalistes de la radio Congo One de Kayna en plein conseil de rédaction. Photo: Fundi Emmanuel.

Coracon aide les radios à mieux travailler

Le Collectif des Radios et Télévisions Communautaires du Nord Kivu, CORACON, a organisé une série des formations in situ en faveur des certaines de ses radios membres.

Une formation in situ est celle qui est organisée dans le site même de la radio. CORACON a organisé ces formations suite aux besoins en renforcement des capacités que les radios ont exprimé. Cette manifestation se lie à la mission de CORACON qui est celle d’aider les journalistes de ses radios membres à travailler d’une manière professionnelle.

C’est lors d’un lancement de la première phase des formations que CORACON a demandé aux radios qui veulent un renforcement des capacités pour mieux travailler. Plusieurs radios se sont manifestées mais CORACON n’a pas pu répondre à leurs demandes, vu les moyens financiers très limités. C’est ainsi que trois radios dans trois zones de santé ont bénéficié de cette dernière. Il s’agit de la zone de santé de Butembo, de Lubero et celui de Kayna. Les formateurs du CORACON ont formé les journalistes de la radio Centre Electronique de Butembo (CETROBO), ceux de la radio communautaire Kavetya à Lubero et à la radio Congo One de Kayna.  

La formation a porté sur deux modules dont : « comment faire une recherche journalistique et comment animer une émission interactive ».

Les radios se disent être satisfaites du passage de CORACON chez elles, car selon leurs responsables, le travail s’améliore.

PALUKU KIHUNDU, directeur de la radio Congo One de Kayna exprime ici sa satisfaction par rapport à la formation : « Grâce à cette formation, les journalistes maitrisent mieux comment animer les magazines ainsi que les émissions interactives. Après cette formation, nous nous sommes sentis dans l’obligation de changer notre grille des programmes et y insérer d’autres émissions. Jadis, nous pensions que des bonnes émissions étaient celles qui contenaient les informations internationales en oubliant les informations nationales et locales ».

La mise en pratique des connaissances acquises

KAMBALE François, journaliste à la radio Kavetya de Lubero, nous parle de la manière dont la formation a impacté son travail : « Avant la formation, j’étais dans l’ignorance. Je ne préparais pas mes émissions. A chaque fois que j’avais une émission, je me mettais devant mon micro sans préparation. Après la formation, je suis en mesure de préparer le sujet de mon émission, les différents formats à intégrer dans l’émission, je rédige le script, j’élabore un conducteur et je contacte un expert qui pourra répondre aux questions des auditeurs. »

Pour SANZALO Romelyne, journaliste à la radio CETROBO de Butembo, la formation a été très bénéfique : « Avant la formation, lorsque je menais mes recherches, je ne savais pas comment sélectionner les personnes ressources. Grace à la formation, j’ai appris toutes les étapes d’une recherche journalistique tout en me servant du cercle de recherche.

Grâce à ce cercle,  j’aboutis aux résultats de bonne qualité et mon travail est devenu professionnel. »

JARRO KAMUNDU est journaliste et formateur au CORACON, il donne ses impressions ici : « C’était un besoin pour les radios car ils travaillent sans aucune référence. D’habitude les radios communautaires rurales encadrent les jeunes comme journalistes, et ces journalistes ne savent pas distinguer ce qui est bien fait ou mal fait. Ils produisent quelques fois  des émissions qui ne sont pas professionnelles et mal structurées. »

GISELE BAGHENI est journaliste et formatrice au CORACON, ajoute en disant : « Avant de commencer la formation, on partageait d’abord les expériences. Nous avions remarqué qu’il y avait certaines lacunes au niveau de la production. C’est sur base de ces expériences que nous avons orienté le coaching. Après la formation, nous avons constaté qu’il y avait des améliorations. On félicitait ceux qui avaient amélioré et donnait des remarques à ceux qui n’avaient pas avancé. Après notre départ, nous continuons à travailler à distance avec eux et nous avons remarqué qu’ils améliorent de plus en plus leur façon de travailler. »

Pour KAKULE VAGHENI Jacques, coordonnateur du CORACON, le réseau des radios va continuer à former les radios et ajoute en disant :« l’objectif de ces formations in situ était d’améliorer les capacités des journalistes pour mieux travailler dans leurs radios. L’avantage de ce renforcement des capacités est de donner la chance aux journalistes d’une même radio de participer. Pour se rassurer que les radios améliorent leur façon de travailler grâce à ces formations, nous avons le rôle de faire le suivi qui se fait sous forme des visites et monitoring. Actuellement, CORACON a une soixantaine des radios membres et bien sûr d’autres continuent d’adhérer. Le besoin de formation doit être exprimé par les directeurs des radios bien que CORACON peut avoir du mal à répondre à toutes les demandes, ses moyens étant limités. » 

Après la formation, les radios se disent satisfaites et prennent les décisions de commencer à mieux travailler.  Un défi s’impose ; plusieurs radios communautaires en milieu rural fonctionnent avec un ou deux dictaphones et cela handicape souvent le travail.  D’où l’appel aux bienfaiteurs de venir en aide à ces radios, afin que la communauté ait des bonnes informations et arrive à prendre des bonnes décisions.

Viviane BISIMWA, journaliste à la radio Tayna/Goma