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Des jeunes prenant part à l'émission publique organisée par Coracon à Beni. Photo: CORACON

BENI : IL EST TEMPS QUE LES DIRIGEANTS IMPLIQUENT LES JEUNES DANS LA GOUVERNANCE LOCALE

Au Nord-Kivu, la problématique de participation des jeunes à la gouvernance locale revient de temps en temps sur la table. D’un côté, les jeunes accusent les autorités en générale de leur fermer les portes. De l’autre, les dirigeants disent avoir plutôt besoin de la contribution des jeunes biens instruits pour une bonne gestion des entités.

 Beni, Nord-Kivu – Au cœur des défis sécuritaires et socio-économiques persistants qui secouent la région, une force nouvelle et déterminante se dessine : celle de la jeunesse. Reconnue pour sa résilience et son nombre, la jeunesse de Beni est de plus en plus appelée à prendre une part active dans la gestion des entités locales, y voyant un levier essentiel pour le retour à la paix et au développement durable. Longtemps relégués au statut d’observateurs, voire de victimes, les jeunes de Beni sont appelés à une prise de conscience qui s’articule autour d’une conviction simple : il n’y aura pas de changement sans leur implication directe dans la prise de décision locale.  C’est dans ce contexte que le programme RESET financé par le gouvernement britannique via FCDO, à travers son magazine mensuel « Nguzo ya mabadiliko », sensibilise sur l’importance de l’implication des jeunes dans la gestion de leurs entités.

Les initiatives se multiplient, allant de la création d’associations des jeunes, des structures de dialogue communautaire (conseils des jeunes, comités locaux de paix et de développement…), des parlements des Jeunes de Beni et autres qui essaient de jouer un rôle clé dans la sensibilisation aux enjeux civiques et autres questions de sécurité dans la région de Beni, indique John KAMBALE deuxième rapporteur de la société civile coordination urbaine de Beni.« La participation n’est pas une faveur, c’est un droit et un devoir, surtout ici à Beni où l’avenir de nos entités dépend de la qualité de leur gouvernance,  d’une manière ou d’une autre, les jeunes doivent être impliqués dans la gestion des entités en ville de Beni» a-t-il dit.

La participation des jeunes à la gestion des entités à Beni n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale. C’est en faisant entendre leur voix et en agissant concrètement qu’ils bâtiront l’avenir sécurisé et prospère auquel leur territoire aspire. Mais leur implication dans la gestion publique est très faible en ville de Beni, regrette Samuel-Don SEKANABO président du parlement des jeunes de Beni.

« Nous devons être aux côtés des chefs des quartiers, bourgmestres, maire de la ville et des administrateurs pour assurer la redevabilité et la transparence. Voilà pourquoi nous plaidons pour un rapprochement entre la jeunesse et les autorités politico administratives et militaires.

Reconnaissant que seulement 20 pourcent de son personnel est constitué des jeunes, le bourgmestre de la commune de Mulekera, le commissaire supérieur NGONGO MAYANGA Dieudonné, reconnait que l’implication des jeunes dans la gestion locale est d’autant plus cruciale qu’elle concerne directement les questions de sécurité, le talon d’Achille de la région. Il indique également que certains jeunes de cette commune de  la ville de Beni déploient leurs propres moyens pour contribuer à la sécurisation, l’assainissement bref à la bonne gouvernance de la ville.

Le problème pour la jeunesse de Beni c’est l’ignorance des lois qui nous régissent tous en tant que congolais, nous savons que les jeunes ont des compétences très capitales pour une bonne gouvernance mais quel jeune ? Un jeune capable de tous casser, bruler a la moindre occasion ? Nous avons encore beaucoup des choses à apprendre aux jeunes. Toutes fois nous reconnaissons qu’il y a des jeunes qui ont évolué notamment ceux du quartier Tamende, ils posent des actions qui nous surprennent positivement en tant qu’autorités, nous encourageons tous les jeunes à s’approprier cette ville c’est comme ça qu’ils peuvent commencer à participer à la gestion de l’entité avant qu’ils n’intègrent différents services administratifs.

Coracon mène une campagne par mois dénommée « Nguzo la mabadiliko » dans le cadre du programme RESET. Dans le cadre de cette campagne, Coracon produit un magazine.  Ce magazine est relayé chaque semaine sur plusieurs radios locales : Radio Moto Beni (mardi à 20h50), Radio Télé Rwanzuru (jeudi à 5h30), Radio Télé Muungano et Radio Télé Espoir (lundi à 18h50). Grâce à ce canal, les messages de paix, de cohésion sociale et de cohabitation pacifique atteignent directement les foyers et communautés locales.

Il faut noter que, le programme Stabilisation Réactive par la Transition (RESET) est un projet de trois ans donc de Juillet 2024 à mars 2027 mise œuvre à Beni et à Irumu par un consortium de six organisations dont Mercy Corps (lead), OIM, SOFEPADI, CORACON, Justice Plus et APC.

La rédaction

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