You are currently viewing L’égalité des sexes, un droit pour tous !
Des femmes Congolaises en plein défilé à l’occasion de la journée du 8 Mars. Photo: John Bompengo.

L’égalité des sexes, un droit pour tous !

« Je suis de la génération égalité » est le nouveau slogan que les femmes utilisent depuis le début du mois de mars 2020. La journée du 8 mars est la journée internationale de la femme. Elle a été célébrée cette année sous le thème « je suis de la génération égalité : levons-nous pour les droits de la femme ».

En République Démocratique du Congo (RDC) c’est la tradition que chaque femme obtienne un nouveau pagne, un tissu en couleur, pour l’amener chez la couturière. Les femmes organisent les défilés et elles se choisissent souvent les pagnes imprimés de la même façon. C’est une occasion pour les femmes de prendre conscience de leur situation dans la société congolaise.

Jadis, la femme était considérée comme une machine productrice de enfants au foyer. En RDC, sa place n’était pas à l’école ou dans des grandes entreprises. Elle était plutôt dans la cuisine, au champ et prenait soin des enfants et son foyer.

A l’occasion du 8 mars les femmes journalistes de la Radio Tayna (RTCT), une des radios membres du Coracon, ont animé une émission interactive sur le partage souvent inéquitable des tâches ménagères en famille et l’impact que cela entraine  en milieu professionnel. Ces femmes journalistes ont chacune contribué à la collecte des informations exploitées dans l’émission.

Ce qui se fait en famille

Gracias MWANZA est allée à la rencontre des parents pour savoir comment se fait la répartition des tâches entre leurs enfants filles et garçons. Les avis sont divergents. Pour certains, laver les assiettes, lessiver, nettoyer la maison et cuisiner sont des travaux des filles et les garçons doivent jouer au football et regarder la télévision. Les autres parents rencontrés voient les choses différemment. Dans leurs familles, filles et garçons travaillent sans distinction de sexe.

Natasha SEKERAVITI a réalisé un micro baladeur avec les jeunes élèves et étudiants (filles et garçons) dans les rues de la ville de Goma. La question était de savoir ce que font ces jeunes avant d’aller à l’école ? Pour les filles, elles se réveillent très tôt le matin pour faire toutes les tâches ménagères et elles y sont déjà habituées. Du coté des jeunes garçons, ce sont leurs grandes et petites sœurs qui doivent nécessairement travailler dans le ménage.

Faire la différence

KASEREKA KATUNGO est maître d’hôtel à Goma et père de famille. Dans son travail, il a les rôles d’accueillir et de servir à manger aux clients. Est-ce qu’il fait de même dans sa famille ? « je le fait de fois à la maison. J’aime ce boulot car j’y suis habitué. Bien qu’il y ait certaines gens qui pensent que ce travail est celui de femmes au contraire ça me fait bien lors que je sers les autres. Depuis mon enfance je le faisais et aujourd’hui en étant parent, j’éduque mes enfants en leur donnant les mêmes tâches sans distinction aucune. » Il était en entretien avec Francine KARUBI.

Vivianne BISIMWA est allée s’entretenir avec Rosaly ZAWADI, journaliste à la radio Okapi à Goma et présidente de l’Union Nationale de la Presse Congolaise (UNPC) section du Nord Kivu. Elle partage son expérience en tant que femme au foyer et femme travailleuse. « Je suis femme au foyer,  cela fait 14 ans déjà et 17 ans de carrière en tant que journaliste. Je n’ai pas beaucoup des difficultés dans mon travail et je peux m’absenter si l’un de mes enfants est malade soit si une urgence se présente à la maison. J’ai des difficultés dans la gestion de mon foyer par ce que je passe beaucoup de temps à la radio. Il arrive des fois que mon époux m’appelle du boulot pour que j’aille préparer à manger pour les visiteurs à la maison alors que je suis par exemple sur le terrain en train de récolter les informations. Souvent je ne sais pas comment me départager et cela m’écœure. En ce qui concerne la répartition des tâches ménagères, chez moi, tous mes enfants font tous les travaux car ils doivent avoir les mêmes chances dans la vie. »

Viviane BISIMWA, journaliste à la RTCT/Goma.