Journalisme responsable en période électorale

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Echange des points de vues entre journalistes, acteurs de la société civile et politiciens. Photo : Coracon

Pour les journalistes en République Démocratique du Congo (RDC), la période électorale et post-électorale est souvent un temps compliqué. Ils doivent prendre leur responsabilité pour que la violence n’éclate pas. C’est une raison pour laquelle CORACON et INTERNEWS facilitent  le dialogue entre politiciens, acteurs de la société civile et journalistes.

En RDC, certains politiciens manipulent les jeunes pour générer de la violence. Ils le font dans le but d’affaiblir leurs adversaires politiques afin de se faire élire. Souvent, ces politiciens utilisent les médias pour faire passer leurs messages, qui peuvent nuire aux autres quelques fois.

Normalement, les journalistes sont sensés filtrer l’information avant sa diffusion sur la voie des ondes ou en ligne. Mais certains journalistes ne sont pas professionnels. Certain n’ont pas été formés, d’autres sont carrément corrompus.

Pour encourager les journalistes de respecter la déontologie et comprendre le contexte autour des élections CORACON et INTERNEWS ont organisé avant les élections présidentielles et législatives un café de presse avec de différents partis prenants. Entre outre ils ont discuté les causes potentielles des violences électorales.

Prôner les valeurs

Faida MULENGA-BYUMA, la coordinatrice adjointe de la Fédérale de l’Alliance pour le Développement et la République (ADR) et candidate députée provinciale de ville de Goma, était une de paneliste du café de presse. « Nous devons prôner les valeurs et ne pas être des politiciens qui veulent à tout prix gagner aux élections sans savoir ce qu’il apporte comme changement.»

Adrien MUSHUMO, porte-parole de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), aussi paneliste, a dit: « Lors- que les règles du jeu ne sont pas respectées, lors que certains acteurs politiques n’arrivent pas à opter pour un discours de cohésion, cela peut conduire à la violence. Nous devons rester dans le cadre des messages pour convaincre la population à adhérer à notre idéologie, vision. »

Edgar MAHUNGU, conseiller du ministre provincial de la communication et des médias et parti membre du Front Commun pour le Congo (FCC), a fait l’analyse suivante : « L’homme politique a choisi comme approche, n’est pas sortir dans ce qu’il a comme conviction et voilà il tombe dans le mensonge, l’hypocrisie et la manipulation. On ne dit pas ce que l’on veut,  mais on cherche toujours à dire ‘l’enfer c’est les autres’, cela donne naissance à la violence si la population découvre la vérité ».

Etienne KAMBALE, acteur de la société civile au Nord Kivu, a aussi fait partie de l’équipe de panelistes. Voici son opinion : «  Nous devons être des hommes et des femmes capables de défendre des valeurs qui permettraient à ce que la population puisse avoir son pouvoir et changer tout acteur politique selon sa volonté ».

Défis des journalistes

Un des participants du café de presse a observé que certains journalistes diffusent des messages qui peuvent provoquer la violence. Puis, selon lui, les membres du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) ne jouent pas leur rôle. C’est garantir la liberté de la presse, de l’information et de tout autre moyen de communication des masses, assurer la protection de la presse et veiller au respect de la déontologie en matière d’information.

Quelques participants ont pensé que la manipulation et la non information des partisans des partis politiques peuvent être à la base de la violence. L’intolérance et un déficit de communication seraient les grandes causes de violence en période électorale.

Ils pensent que les médias ne font pas mention du contexte des élections dans leurs programmes car selon eux, ils ne produisent pas des émissions qui sensibilisent la population et les politiciens sur les comportements à prendre dans la période électorale et cela se percute sur leurs comportements.

D’autres ont ajouté que la violence ne vient pas spontanément. La population peut être violente en période électorale pour manifester les souffrances déjà vécues.

Ils estiment que ceux qui travaillent dans les institutions de la justice ne font pas leur travail car ce sont eux qui manipulent et qui dictent les lois au lieu d’éduquer la paisible population sur la façon dont elle doit se comporter en période électorale.

Pour sortir de cette situation, les participants ont donné quelques suggestions selon lesquelles : tous les politiciens doivent se tolérer mutuellement, doivent bien éduquer leurs militants et bien observer le code de bonne conduite pour éviter le cycle de violence.

Les journalistes doivent appliquer l’impartialité et toujours contrôler leurs propos avant de les rendre publique. Ceux qui font la loi et ceux qui sont sensés les appliquer doivent faire leur suivi.

Il faut que tout le monde travaille sur la transformation de la culture de la violence par une culture de paix et cela passera par l’éducation à la paix et à la non-violence qui doit commencer en famille, dans des écoles, églises, partis politiques même au niveau des gouvernants.

Gracias Mwanza

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