Journaliste menacée

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Récupérer l’information, peut être dangereux. Photo: Coracon

Les journalistes des radios communautaires au Nord-Kivu célèbrent la journée mondiale de la radio le 13 février dans un contexte difficile. Après diffusion des émissions, certains professionnels des médias font l’objet des menaces.

Parfois ceux qui les inquiètent sont ceux-là qui estiment que les informations diffusées par les journalistes dans une radio  touchent leurs intérêts.

Une journaliste d’une radio membre du Collectif des Radios et Télévisions Communautaires du Nord-Kivu (CORACON) a vécu aussi une telle menace récemment.

Elle avait traité le sujet de la rivalité entre les groupes de pression en ville de Butembo. Ces groupes sont « Véranda Mutsanga » dont le responsable est Tembos Yotama. L’autre est dénommé « Parlement debout  de Furu » dirigé par Tsongo Léon.

Au départ, ces groupes de pression sont des organisations des jeunes du quartier. Ils visent l’éveil de la conscience citoyenne par l’auto-prise en charge. Cela dans le domaine sécuritaire de leurs entités de base, l’éducation politique. Ces groupes de pression mettent l’accent sur l’inculcation d’un esprit idéologique. Pour des intérêts politiques les responsables de ces groupes manipulent parfois leurs sympathisants. C’est dans le cadre de s’attirer la popularité qu’ils le font.

Après la production, le magazine est diffusé au moment où Tembos Yotama de Véranda Mutsanga est en prison. Les autorités locales l’ont accusé d’avoir appelé la population à la marche pour réclamer la vérité des urnes. C’est après les élections présidentielles et législatives du 30 décembre 2018. Il était libéré plus tard.

La journaliste a reçu certaines réactions hostiles au contenu de l’émission. En kiswahili, une langue parlée à l’est de la République Démocratique du Congo, un auditeur a dit : « Tu seras arrêté à cause de tes mauvaises informations que tu diffuses. Tu sais qui suis-je ? Tu seras arrêté.»

Un autre auditeur a demandé : « Tembos Yotama est-il déjà libéré ? » C’est peut-être une question posée par curiosité. Ou est-ce qu’elle cache quelques choses ?

Ces propos des personnes inconnues mettent la journaliste productrice du magazine en danger. C’est une violation de la liberté d’expression. CORACON plaide auprès des détenteurs du pouvoir de promouvoir la liberté de presse en protégeant les journalistes des radios communautaires et de tous autres média sérieux.

Jarro Kamundu

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