Ne pas nuire !

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Les participants forment d’autres participants. Photo : PPLM

L’intégration de l’approche du DO NO HARM (DNH) dans les projets de développement un besoin urgent pour les artisans de la paix. Avec le DNH on essaie d’améliorer la condition de vie de la population, mais en même temps éviter des conséquences négatives, surtout les imprévues.

L’approche est bâtie  entre autres sur l’analyse du contexte et du conflit, l’analyse des tensions et l’analyse des diviseurs et connecteurs. Il faut alors clarifier l’impact du programme de l’aide qu’on veut exécuter dans un certain contexte. Il faut renforcer les aspects positifs et diminuer les aspects négatifs. En plus, il faut dès le début définir les options de modification du projet si des problèmes surviennent.

Le DNH est un outil que les organisations engagées dans la construction de la paix peuvent utiliser pour améliorer leurs actions auprès des bénéficiaires.  Tous les membres du réseau Service Civil pour la Paix (SCP) de l’Afrique centrale se sont engagés à l’intégrer dans toutes leurs planifications. Le SCP est une coopération entre le ministère du développement et de la coopération économique de l’Allemagne et des organisations humanitaires allemandes. Cette plateforme englobe plusieurs organisations ecclésiastiques et laïques. Pain pour le Monde (PPLM), l’organisation humanitaire de l’église protestante allemande, fait partie de ce programme avec son partenaire CORACON.

Quelques membres du SCP de la région Afrique centrale se sont exprimés pendant un atelier au Cameroun. PPLM l’avait organisé pour faire connaître le DNH aux partenaires. Certains participants ont expliqué comment ils vont intégrer le DNH dans leurs organisations respectives.

Arnaud TONGA

Chargé des recherches, du suivi et évaluation à l’organisation Dynamique Mondiale de Jeunes ,  basée à Yaoundé la capitale camerounaise. C’est une organisation qui se focalise sur le renforcement des capacités de la jeunesse.

« Je vais organiser une séance de restitution à l’interne. Nous allons aussi former les différents groupes des jeunes que nous encadrons. En dehors de mon organisation, je suis diacre dans une paroisse au sein de laquelle j’encadre un groupe d’évangélisation. Je compte y faire aussi la restitution. A mon avis, l’intégration de cette approche dans une église est d’une importance capitale. Mon objectif est de montrer comment ceux qui portent les messages au-delà de la chaire doivent les transmettre sans nuire. Mais cela sera accompagné par une observation critique et une approche participative d’intégration de tous les membres à cette vision-là. »

Maria HANNEN

Chargée des projets et personnel d’appui du SCP de la région Afrique occidentale et centrale à PPLM, Berlin.

« Nous avons organisé la formation sur le DNH pour les organisations en Afrique centrale par ce que nous avons senti que c’est un besoin pour nos partenaires. Beaucoup parmi eux travaillent dans le domaine de la consolidation de la paix et élaborent des projets de développement. Dans ce domaine le DNH est crucial. Nous avions commencé avec l’approche du DNH au Sierra Leone et au Libéria avec des bons résultats. En dehors de PPLM, la méthode du DNH vient de créer en moi un esprit critique avant de poser un quelconque geste dans mon entourage. »

Florence YOUSSEU

 Coordinatrice de l’Association pour la Promotion des Actions de Développement Endogène Rurale (APADER), basée à Mbangaté dans la région Ouest du Cameroun.

« La formation sur le DNH m’a ouvert les yeux car elle m’a permis de voir autrement mon environnement de travail, et mes collègues de service. Jadis, j’avais des attitudes que j’affichais inconsciemment et qui portaient préjudices devant mes collègues sans que je ne m’en rende compte. Mais avec cette formation j’ai enfin compris que mon agissement peut nuire à mon voisin. Je dois remettre en question l’approche de travail avec nos groupes cibles par ce que nous travaillons avec les jeunes, les femmes rurales et les leaders des communautés. Donc avant de lancer une activité je commencerai par choisir l’outil à utiliser pour ne pas nuire. »

Grace LULA

Coordinatrice de la Ligue des Femmes pour le Développement et l’Éducation à la Démocratie (LIFDED), basée à Kinshasa en RD Congo.

« Nous sommes impliqués dans la résolution pacifique des conflits, dans la construction de la paix et dans l’accompagnement des jeunes dans l’approche de la non-violence active et évangélique. La formation sur le DNH a émerveillé nos sens comme nous travaillons dans un contexte de conflit et ça nous a ouvert l’esprit. Après cette formation, nous nous sommes décidés de revisiter nos approches de travail. Comme nous avons un projet en cours, nous allons d’abord revoir notre contexte et y intégrer les outils du DNH que nous n’avions pas pris en compte lors de la planification. »

Jacques NZANZU

Consultant à la Commission Justice, Paix et Sauvegarde de la Création (CJPSC), un service de la Communauté Baptiste au Centre de l’Afrique (CBCA), basée à Goma en RD Congo. La CJPSC intervient dans le domaine de peace building, de droits humains, de la gouvernance et de la protection de l’environnement.

« A notre niveau, dans toutes nos actions que ça soit dans le domaine de construction de la paix ou des droits humains, nous allons intégrer le DNH dans la mise en œuvre. Comme par exemple en ce qui concerne les droits humains, pour nous qui faisons le plaidoyer en faveur des victimes, nous devons intégrer cette approche par ce que si elle n’est pas utilisée, nous risquerons de mettre en danger les témoins et les victimes des violations des droits humains. Dans le domaine de la consolidation de la paix, cette approche nous aidera à renforcer le travail de paix pour capitaliser les acquis et renforcer les capacités de paix dans nos communautés. »

Job MASHANDA

Coordonnateur national du Réseau d’Innovation Organisationnelle (RIO), basé à Bukavu en RD Congo. C’est une organisation dédiée à la consolidation de la paix dans la région de grands lacs. Elle intervient dans la transformation des conflits et l’éducation à la paix.

« Personnellement, le DNH va me permettre d’identifier régulièrement et d’analyser les facteurs de nuisances qui sont dans moi-même ; comment les réduire, identifier et analyser les facteurs de connections ; comment les renforcer. Pour l’organisation, nous comptons faire une restitution formation avec nos collaborateurs et partager les acquis et les outils de la formation sur le DNH avec d’autres organisations qui travaillent dans le domaine de la construction de paix. »

Gracias MWANZA

 

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