À qui la responsabilité?

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Écouter, discuter et trouver une solution ensemble. Photo: GB

CORACON en partenariat avec Free Press Unlimited accompagne les jeunes dans le cadre du programme « jeune, santé, sexualité et sécurité (JS3) ». Ils produisent l’émission ‘’MAZUNGUMUZO YA VIJANA’’. Entre outre ils discutent sur les grossesses précoces.

Le phénomène ‘’grossesse précoce’’ trouve encore sa place en zone de santé de Kirotshe. C’est un village situé à une trentaine de kilomètre de la ville de Goma à l’est de la République démocratique du Congo.

La loi congolaise qui porte protection de l’enfant à son article 170 protège la virginité de la fille dès la naissance jusque 17 ans et demi. On parle d’une grossesse précoce lorsqu’une fille tombe enceinte pendant qu’elle n’a pas atteint la maturité d’âge, donc 18 ans selon la loi congolaise.

CORACON en partenariat avec Free Press Unlimited accompagne les jeunes qui produisent une émission dénommée ‘’MAZUNGUMUZO YA VIJANA’’ dans le cadre d’un programme appelé jeune santé, sexualité et sécurité (JS3). Ce programme facilite aux jeunes qui ont l’âge qui varie entre 10 et 24 ans, l’accès aux informations et services liés à leur santé sexuelle et reproductive.

Club d’écoute

L’émission MAZUNGUMUZO YA VIJANA a un club d’écoute dans la zone de santé de Kirotshe. Les membres de ce club sont les jeunes et parents. Ils auditionnent l’émission et partagent les commentaires.

Ce club d’écoute a invité certains parents et jeunes de SHASHA, un village voisin à Kirotshe. Ils sont venus pour auditionner l’une des émissions produites par les jeunes reporters de cette entité. L’émission avait pour sujet : Grossesses précoces, à qui la responsabilité ?

Après l’audition de l’émission, certains parents et jeunes de SHASHA s’entre- accusent sur la responsabilité des grossesses précoces.

Les jeunes et parents parlent

‘’Les jeunes d’aujourd’hui veulent copier ce qu’ils regardent dans des films et sur internet. Nous parents on peut faire tout pour satisfaire à leur besoins. Mais en voulant pratiquer ceux qu’ils ont visualisés sur internet, ils deviennent victimes des grossesses précoces. ‘’ Bahati NYANDUI 58 ans, père de 8 enfants.

‘’Moi j’ai été victime d’une grossesse précoce à l’âge de 15 ans. Quand on a découvert que j’étais grosse, mon copain et ses parents ont demandé que ça soit ma grande sœur qui puisse épouser cet homme, et elle pourra garder mon enfant car j’étais encore petite. La deuxième fois que je suis tombé enceinte d’un autre homme, il m’a refusé disant qu’il ne pouvait pas épouser une fille qui n’a pas étudié. Aujourd’hui, mon premier fils a 20 ans et il est à l’université. C’est moi qui m’occupe de mes deux enfants, et cela me fait souffrir.

Quand je rentre dans mon histoire, je me souviens que mes parents ne me disaient rien à propos de la sexualité. Quand je commençais à grandir, il fallait que je comprenne les changements que subissait mon corps. Et comme c’était un sujet tabou chez nous, je me suis laissé tromper par mon premier amant. Il me disait qu’il va m’aider à comprendre ces changements. Je crois que nos parents nous devons fournir des informations liées à la sexualité à nos enfants, pour qu’ils ne partent pas les chercher dans la rue » KAHINDO MUBAHWA, 35 ans d’âge.

‘’Il y a des comportements que nous héritons de nos parents. Ils peuvent satisfaire à tous mes besoins, me donner quelques informations sur la sexualité. Mais je ne m’abstiens pas. En essayant un peu d’interroger l’histoire, je trouve que l’un de mes parents était activement sexuel quand il était jeune et que moi je l’ai hérité de lui. Dans ce cas, la faute n’est pas à moi’ » KUBUYA FRANCINE, 20 ans d’âge.

Protéger les filles

‘’Les grossesses précoces sont nuisibles à la santé de la fille. Médicalement, le corps commence à se former de 13 à 25 ans. Quand une fille tombe enceinte à 14 ans, cela peut perturber le développement du corps. Au lieu que les organes du corps se développent, ils s’occuperont du développement du fœtus. C’est pourquoi nous parents, nous devons améliorer notre communication avec nos enfants. Leurs faire comprendre des changements qu’ils observent sur leurs corps et comment s’y comporter. Cela peut les aider à ne pas être ou rendre grosse précocement’’. Daniel KITSHA, infirmier titulaire du centre de santé de SHASHA.

‘’Nous avons constaté que les réalités diffèrent selon les générations. A notre époque, nous considérions la sexualité comme un sujet tabou. Nous trouvons que suite à la mondialisation, nous sommes obligés d’en parler à nos enfants pour sauver leur vie. Nous demandons que vous jeunes, puissiez faire le premier pas vers nous lorsque vous avez des questions. Aidez-nous aussi à briser cette dictature que nous avons aussi héritée de nos parents et qui nous rend si suprêmes à tel point que les enfants ont peur de nous poser des questions ‘’, ont déclaré les parents, présents dans la salle.

Gisèle BAGHENI

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