Nous en avons marre !

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Les jeunes à l’est du Congo veulent vivre en paix. Photo: Pixabay

Les jeunes du territoire Rutshuru vivent en pleine insécurité. Coracon et ses radios membres leur donnent la parole. Lisez leurs points de vue ici.

La cité de Rutshuru est située à 69,5 km de la ville touristique de Goma. La population de cette région de la province du Nord Kivu est toujours victime des guerres à répétition depuis de longues années. Les personnes les plus touchées sont les jeunes, étant donné que ce sont eux qui sont le plus souvent manipulés dans des groupes armés.

Convaincu que les jeunes peuvent contribuer à résoudre les conflits sans recourir à la violence, Coracon a organisé une tribune d’expression populaire à ce sujet.

Les radios membres du Collectif ont diffusé une émission constituée sur base des avis émis par les participants à la tribune. Une façon, pour ces médias de contribuer à la restauration de la paix dans cette province. Voici quelques avis des auditeurs :

Nacharlom KASYANO :

« Nous sommes fatigués de ces histoires. A Rutshuru on ne veut pas celui qui vient avec des messages de paix selon mon observation. Mais pourquoi je le dis, il arrive des fois où on organise des forums de paix des jeunes pouvant rapprocher toute la jeunesse de différentes couches sociales, mais on nous empêche de le faire en avançant comme motif : Oh, compte tenu de la situation du moment c’est impossible de faire ceci ou cela. Quelle situation ? Pourquoi créer des conflits là où il n’existe pas ? Qu’on laisse d’abord à la jeunesse la liberté de trouver des solutions aux conflits dans ce territoire de Rutshuru. »

Ephrem TAHUNGULA :

« De ma part, je pense que la cause de ces conflits est qu’il y a certaines tribus qui ne veulent guère vivre en harmonie et partager les ressources naturelles avec les autres. C’est le cas de la chefferie de Bwito. »

Eldath MURAGHANE :

« Le favoritisme communautaire dans l’engagement des jeunes constitue aussi une cause majeure des conflits à Rutshuru. D’autres se sentent délaissés dans le monde d’emploi à Rutshuru et trouvent refuge dans les groupes armés. »

Edison MUHINDO :

« Bien-dit, une seule communauté ne peut gérer son différend. On doit apprendre à marier les idées sans écarter l’autre. Les jeunes sont souvent instrumentalisés par les ambitieux politiques qui viennent seulement pour détruire notre cohésion. »

Albert KAMATE :

« Il est difficile de se comprendre et parvenir à demeurer uni, compte tenu de l’insécurité grandissante dans la région. »

Delphin KINDUVUYIRA :

« Le conflit est l’ennemi du développement or on ne peut vivre sans conflit. Les infections sexuellement transmissibles se multiplient suite aux cas des viols répertoriés çà et là dans le territoire de Rutshuru. La jeunesse doit se mobiliser elle-même en se conscientisant et savoir que vivre ensemble est un pilier de développement. Sans l’autre on ne peut jamais se suffire. Oublions le passé, tenons-nous main dans la main et agissons pour une paix durable à Rutshuru. »

Idrissa KASONGO :

« Certaines autorités de Rutshuru mettent une injustice dans un tribunal pour favoriser les membres de leurs communautés. »

François KAMATE :

« A Rutshuru comme à Kiwanja, nous vivons ensemble sans problème. Ce qui nous arrive c’est aussi une mauvaise interprétation des gens. Appelez quelqu’un dans sa tribu : Toi Hutu, toi Nande, toi Mbuti, est-ce un problème ? Mais il arrive parfois que certains se fâchent et commencent à dire on m’a injurié que je suis tel. Un problème mental et psychologique. »

Nkurunzinza NGERAGEZE :

« Je proposerais que le mot conflit interethnique soit effacé de notre mémoire mais plutôt parler de l’incompréhension entre les membres de certaines communautés. Le problème de Kyaghanda (organisations de différentes communautés, note de la rédaction) aussi est parmi les grandes causes des conflits dans la province du Nord-Kivu. Anciennement les Kyaghanda étaient des milieux éducatifs des jeunes, mais aujourd’hui on assiste à des formules de mépris entre d’autres communautés. »

Isaac TSONGO :

« La jeunesse doit cesser d’être instrumentalisée par des politiciens avec des intérêts égoïstes et la détention illégale d’armes par les groupes armés des différentes tribus dans le but de protéger et défendre les leurs. »

Sosthène HABAMUNGU :

« Je crois que le problème revient aussi aux notables. Au lieu d’unir les gens, ils ne viennent qu’avec les messages divisionnistes. Lorsqu’ils viennent en disant Rutshuru ni ya banya Rutshuru (Rutshuru appartient aux ressortissants de Rutshuru, note de la rédaction), alors qui n’est pas de Rutshuru ?»

Anicet MAYELE :

« Le tribalisme qui ne cesse de s’observer dans le territoire de Rutshuru par le chauvinisme. Chaque tribu se croit importante que l’autre. »

Ezéchiel PENDAKAZI :

« La prolifération des armes crée beaucoup de groupes armés à caractère tribal et le non changement de mentalités. »

Janvier YUSUFU :

« Les femmes sont plus victimes des conflits à Rutshuru , kidnappées puis violées, après l’obligation d’une rançon exigée. »

Gloire MALTUS :

« Les cas de kidnapping à répétition provoquent les mésententes entres deux tribus Hutu et Nande faute de leurs préjugés. Autres choses, que nos parents cessent avec des anciennes histoires qui les avaient divisés pour ne pas contaminer les nouvelles générations. Nous voulons des activités de rapprochement des jeunes de Rutshuru. Nous prions à cette organisation qui publie le magazine de multiplier les démarches pour unir la jeunesse une nouvelle génération cadre capable de diriger notre pays. »

Texte: Gracias Mwanza

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